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Catégorie : Actualités

Les Italiens vont voter en 2027 pour les élections parlementaires. Les mêmes questions apparaissent, comme en France : « frapper ensemble » ou « marcher séparément » ! Les Italiens ont une longue expérience des « primaires ». Ils furent les premiers européens en 1998, à reprendre le système étatsunien des « primaires » Démocrates. La France, c’est en 2006, avec la primaire semi ouverte du PS qui en fait annonçait le début de son déclin.

La discussion entre les partis sur les primaires et le leadership est trompeuse : la priorité devrait être de construire ensemble un programme crédible pour le pays, capable de s’unir et de s’adresser à ceux qui aujourd’hui ne se reconnaissent pas dans l’offre politique.

Il est possible que le résultat très clair du référendum (mars 2026, référendum constitutionnel perdu par Meloni) ait stupéfié la majorité, mais il est en réalité certain qu’il a laissé la minorité intacte (génériquement « le champ large ») dans l’obstination de marcher divisée pour, illusoirement, frapper ensemble lors des prochaines élections.

« Frapper ensemble » l’objectif ne peut être atteint que s’il est commun, et s’il est perçu comme tel par ceux qui sont appelés à voter. Il s’agissait alors d’une question référendaire qui, bien que pas simple dans sa formulation, était perçue comme un bloc unique devant lequel dire Oui ou Non. « Frapper ensemble », c’est possible, s’il existe un bloc avec un programme commun perçu comme tel dans sa formulation et tel que l’électorat le perçoit et y participe, pour le construire dans le temps précédant les élections.

Rien de tout cela n’est mis en place : le dictionnaire du « champ large » s’arrête là où il indique « primaires » et ne va même pas un peu plus loin vers là où est indiqué « programme ».

La progression des différentes composantes du « champ large » semble se concentrer soit sur la discussion « qui doit être le chef de la coalition », soit sur la discussion d’un programme plus ou moins défini par chacune des composantes.

La principale préoccupation, au-delà des mots de circonstances, est de se différencier des autres composantes afin d’augmenter, pour les ambitions partisanes et personnelles, les possibilités de soustraire et de s’approprier les votes des autres composantes au lieu de se préoccuper de la seule chose qui comptera : essayer d’attirer des voix sur le « champ large », les votes de ceux qui n’avaient pas voté auparavant ou votaient pour la majorité actuelle.

Le nom même de « champ élargi » devient insuffisant à cette étape préélectorale car il n’indique que et de manière générale une sorte de structure sans préciser à quoi elle sert : le « Programme commun » doit être son but et son nom.

Un programme commun exige qu’une table commune, une commission « interpartis » soit formée immédiatement, et non dans des mois et des mois (et s’il devait y avoir des élections anticipées, ce besoin deviendrait urgent).

Ensemble, nous devons commencer à prioriser les enjeux, en commençant par ceux qui sont en même temps pertinents pour le pays (travail, économie, santé, etc.) et plus faciles à parvenir à un accord programmatique. Celles qui sont moins faciles et plus susceptibles à la dissidence doivent être reportées dans la discussion afin de nous permettre de commencer par construire d’abord un organe programmatique commun solide.

Pour les questions les moins faciles, le débat sera plus long pour définir un dénominateur commun.

Chacune des parties utilisera ses propres canaux et mécanismes de participation pour interagir avec les citoyens et faire en sorte que leurs demandes et propositions s’orientent vers le programme commun.

Il ne semblerait pas déplacé que l’ensemble de ce processus soit catalysé et coordonné dans le seul rôle de président de la commission programmatique, par une personnalité politique éminente, acceptable par tous et destinée à se retirer pour le choix des primaires (un outil dangereux car il met nécessairement l’accent sur les différences plutôt que sur les convergences) ou d’autres procédures de ceux qui dirigeront la campagne électorale complète.

Malheureusement, je ne vois rien de tout cela même au stade du croquis. Nous avançons tant que nous sommes distincts et séparés et à l’approche des élections, nous mettrons ensemble nos différents programmes avec un pseudo accord de coalition.

Face à cela, qui semble jusqu’à présent être la stratégie privilégiée du « champ large » ceux qui n’ont pas voté lors des élections précédentes mais ont voté au référendum Non ne reviendront pas voter aux prochaines élections et ceux qui ont voté pour la majorité actuelle y retourneront, même en plissant le nez. Quelques tout premiers sondages post-référendum confirment cette hypothèse.

Je ne sais pas si les différents dirigeants du champ large réalisent que perdre les élections veut dire livrer  le parlement à la majorité actuelle et signifierait aussi que la Constitution écrite – comme cela a été dit – par nos arrière-grands-parents et sauvée lors du référendum par de jeunes petits-enfants, finira inévitablement par être manipulée et déformée par des grands-parents et des parents qui se sont révélés partiellement réactionnaires, indifférents ou progressistes, mais malheureusement inadéquats pour la réalité du pays.

23 avril 2026, Sbilanciamoci