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(Contretemps, janvier2016)

Est-que que la direction Marine Le Pen représente la victoire d’un courant au sein du Front national, ou représente-t-elle une figure de rassemblement en son sein ? Quelles sont les forces que Marine Le Pen est parvenue à hégémoniser ? Et, à l’inverse, pour qui est-ce que la déchéance de Jean-Marie Le Pen est une « défaite » ?

Marine Le Pen coalise, au sein du front National, les courants qui veulent que ce parti arrive au pouvoir et qu’il représente (avec d’éventuels alliés proches) une majorité idéologiquement dominante dans le pays. Jean-Marie le Pen représente les courants qui veulent avant tout défendre une identité politique du Front National radicalement différente de toutes les autres composantes du champ politique. A leurs yeux la question du pouvoir est secondaire, peu importe que le parti se contente d’exercer une fonction tribunitienne.Le terme, appliqué à l’origine au PCF, décrit le rôle d’un parti qui s’exprime au nom de ses mandants sans chercher réellement à exercer le pouvoir. Georges Lavau, A quoi sert le Parti Communiste Français ? Paris, Fayard, 1981. Cette opposition tactique repose sur les enjeux d’aujourd’hui. Elle a été présentée comme une opposition de Marine réaliste et se modérant face à Jean-Marie doctrinaire et radical. Or la différence réelle entre les deux responsables tient aux rythmes de la construction du Front National et aux différents rôles qu’a pu y jouer Jean-Marie le Pen.

Suite et fin de l’article publié dans le n°70 Mai 2016 (la démocratie directe à Athènes), « la commune de Paris et l’idée du dépérissement de l’Etat et l’expérience de la révolution russe », dans le n°72 (février 2017)

C'est le développement du capitalisme qui entraîne la tendance vers le rôle accru de l'Etat dans la production et l'ensemble de la société civile. Insensiblement l'Etat pénètre toute la société par rapport à laquelle il acquiert une indépendance relative qui masque son caractère de classe et donne lieu aux diverses théories modernes qui aboutissent à l'ériger à une structure spécifique par rapport à laquelle on pourrait redéfinir les classes, leurs luttes, leur idéologie, les rapports sociaux, le mode de production.

Après plusieurs mois de suspense, Emmanuel Macron vient de présenter son programme. Le programme économique est hélas sans surprise. Comme l’avait annoncé Jean Pisani-Ferry, ce n’est pas un programme socialiste, c’est-à-dire un programme qui voudrait donner plus de pouvoir aux citoyens dans la cité et aux travailleurs dans l’entreprise ; ce n’est pas non plus un programme écologiste qui prendrait la mesure des efforts à réaliser pour la transition écologique. C’est un programme néo-libéral, « progressiste » uniquement pour ceux qui pensent que le progrès consiste à imposer à la France d’aller vers le modèle libéral. Ce n’est donc pas non plus un programme de rupture, puisqu’il s’inscrit dans la continuité de la politique menée par François Hollande et Manuel Valls, des 40 milliards de réduction d’impôts sans contrepartie pour les entreprises à la loi Travail. Ce programme nous propose d’accepter les demandes du grand patronat, en espérant que celui-ci daigne investir et embaucher en France.

I

La lutte des révolutionnaires cubains de 1959 faisait partie d’une vague révolutionnaire anticolonialiste et anti-Impérialiste mondiale dont les moments culminants ont été la victoire de la révolution chinoise en 1950, la défaite des États-Unis dans la guerre de Corée en 1952, la défaite écrasante des colonialistes français en 1954 à Dien Bien Phu, et dans la même année, le début de la révolution pour l'indépendance algérienne. En Amérique latine, la révolution guatémaltèque de 1944-54, et le gouvernement anti-impérialiste de Perón en Argentine qui a duré jusqu'en 1955, ont démontré la faiblesse des Etats-Unis, la première puissance militaire mondiale, alors que commençait le dégel en Union soviétique avec la mort de Staline en 1952.

Diana Johnstone est l’auteur de croisade des fous : Yougoslavie, l’OTAN et délires de Western. Son nouveau livre est Reine du Chaos : les mésaventures de Hillary Clinton.

L’élection présidentielle française de 2017 marque un changement profond dans les alignements politiques européens. Il y a un glissement en cours de la traditionnelle rivalité gauche/droite à une opposition entre la mondialisation, sous la forme de l’Union européenne (UE), et la souveraineté nationale. Le traitement standard s’en tient à un simple dualisme de gauche/droite : le refoulement « raciste » de l’immigration est la principale question en litige et ce qui importe le plus est « d’en finir avec Marine Le Pen ! » Aller de là à là, c’est comme marcher à travers le miroir d’Alice. Presque tout tourne autour. La gauche s’est transformée en droite et une partie de la droite se transforme en gauche.

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